La Source (Livre I)

La Source (Livre I)
La Fontaine bleu turquoise

Donne vie à toutes mes phrases :

Elle m'hydrate là-haut sur ma branche

A l'abri de la légendaire page blanche.

Car chaque événement est partagé,

Je suis malgré moi transporté

Dans ce Monde où les rimes pullulent

Protégé derrière les remparts de la bulle.

Prisonnier, j'écris en liberté,

Sublimé, ma plume vacille sur le papier.

Décoder les subtilités de la vie,

Théoriser les axiomes de cette supercherie,

Les idées fusent comme l'éclair

Les images crépitent tel un geyser.

Car la Matrice ne me bernera pas,

Le flot des mots toujours me portera.

Si la Fontaine s'interroge sur le but de son existence

Qu'elle sache qu'à ma vie elle donne du sens

Sans elle, tout ne serait que blanc

Isolé dans le Monde des grands.

# Posté le mardi 15 mai 2007 17:43

Modifié le mercredi 31 octobre 2007 18:25

Le Rubis de Monsieur Bubu (Livre I)

Le Rubis de Monsieur Bubu (Livre I)
De retour d'un long mais fabuleux voyage,
Monsieur Bubu était tout étourdi :
Il ramenait dans ses lourds bagages
Un énorme rubis.

Le soir venu,
Avant de se coucher,
Monsieur Bubu,
Se mit à contempler
Sa précieuse pierre achetée pour trois pièces d'or,
Sa pierre précieuse synonyme du plus grand des trésors...
Sa cupidité était des plus aiguisées,
Imaginez à quel point il pouvait être comblé !
Ces yeux brillaient avec plus d'éclats que le rubis,
Il songeait à toutes ces choses dont il avait envie,
Tout ce qui avait toujours été inaccessible,
Tout ce que cette pierre rendait possible...

Mais soudain, il arrêta de sourire :
Il venait effet de découvrir
Que sa précieuse acquisition
Présentait en réalité quelques imperfections !
Il réagit en un éclair,
Pris dans sa main la lourde pierre,
Se dirigea vers l'atelier
Bien décidé à effacer les malvenues aspérités.
Il travailla ardemment toute la nuit,
Peaufinant chaque détail de son produit.
Il prit quelques heures pour se reposer,
Rêvant de tout l'or qu'il allait amasser...
Puis il se rendit à la bijouterie,
Revendre le rubis au meilleur prix.

Madame Popo la bijoutière
Examina longuement la rouge pierre
Et s'adressa à son propriétaire :
« Monsieur Bubu, ne m'en portez pas grief
Mais votre pierre n'a aucun relief :
Elle est trop polie,
Sans aucune particularité,
Ce n'est qu'au plus bas prix
Que je ne peux vous la racheter. »
Monsieur Bubu devint pâle, blêmit,
Repensant douloureusement à son longue nuit :
En cherchant la perfection
Il a fait perdre à son acquisition
Tout ce qui faisait son originalité,
Tout ce qui faisait son unique beauté.
C'est en pleurs que rentra chez lui Monsieur Bubu
En jurant tous les Dieux qu'on ne l'y reprendrait plus !

La petite histoire vient de connaître son point final,
C'est l'heure tant attendue de la morale.
Comme Monsieur Bubu chacun à son rubis,
Un bien qu'il faut préserver tel quel à tout prix.
Cette pierre si précieuse est notre personnalité,
Tâchez dans tous les cas de la conserver.
En toute occasion restez vous-même :
C'est comme cela que l'on vous aime
Ne polissez pas les imperfections,
Ne gommez pas vos contradictions.
Gardez votre originalité,
Avec ses défauts et ses qualités :
Si vous cherchez la vérité,
C'est en restant vous-même que vous la trouverez !

# Posté le mardi 15 mai 2007 17:47

Modifié le samedi 03 novembre 2007 08:26

Le Côté Obscur (Livre I)

Le Côté Obscur (Livre I)
Sur le grand échiquier de la vie,
Les autres s'opposent aux uns,
Barbares et savants réunis,
Chacun voulant arriver à ses fins.

La belle reine blanche arbore fièrement sa robe de soirée,
Divine parure d'une pureté immaculée.
Aux premières loges sur le devant de la scène,
Elle rit distinctement aux élégances mondaines.
Le pion noir avance pas à pas,
Jamais de biais, toujours tout droit.
Esclave d'une société qui normalise,
Enchaîné à un système qui le terrorise.
Le noble cavalier blanc galope avec fierté.
Sa vertu n'a d'égale que sa renommée.
Garanti zéro défaut, bien sous tout rapport,
Tout le monde sait qu'il n'a jamais tort.
Le fou marche obstinément de travers :
Gentil troubadour sans réflexion,
Bouffon trop immature pour devenir père,
Mais que tout le monde aime bien au fond.
La tour est imprenable,
Telle une boîte, impénétrable,
Les émotions n'en sortent pas,
Les coups durs ne l'atteignent pas.
Au centre de toutes ses cases en monochrome,
Le roi règne en maître sur son royaume.
Stratégiquement il installe chaque pièce à sa place,
Pour pouvoir partir sereinement à la chasse.
Homme de pouvoirs qui ne pense qu'à lui,
Le couronné est accompagné de ses fidèles ennemis.

Le plateau de jeu est en pleine lumière,
Les rôles sont simples : tout est clair.
Mais si l'on regarde de plus près,
Si l'on sait ouvrir les yeux et écouter,
Peu à peu, la clarté devient sombre :
Le côté obscur sort de l'ombre.

Le Pion appartient à un groupuscule de libération,
C'est la pièce maîtresse de l'organisation.
A chaque pas qu'il fait,
Il avance vers sa liberté.
Quand on regarde la Tour du dessus,
Les fissures apparaissent à la vue.
Triste enfance pour cette fragile construction,
Qui a vu son architecte sombrer dans les bas fonds.
La Reine aime tomber sa tenue classe
Pour le plus grand bonheur des hommes galants,
Avec qui elle aime passer du bon temps,
Dès que son mari part à la chasse.
Le Chevalier blanc aime les petits enfants,
Pervers détourneur de la jeunesse,
A qui il aime distribuer les caresses,
En étouffant leurs cris habilement.
Le Roi a grandi dans la discorde de ses ancêtres,
Il a toujours rêvé d'être le maître,
Pour diffuser le bien autour de lui
Afin que tout le monde vive en harmonie.
Le fou est un surdoué complexé
Qui ne veut pas montrer sa différence :
Il préfère se camoufler
Derrière sa sympathique extravagance.

Le monde n'est pas en noir et blanc
La vérité est plus compliquée,
Chacun a ses secrets :
Le côté obscur se cache derrière l'écran.

# Posté le mardi 15 mai 2007 17:50

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 08:02

La Solitude de la Licorne (Livre I)

La Solitude de la Licorne (Livre I)
Bienvenue au pays imaginaire,
Là ou se côtoient lutins, nains et farfadets
Avec des réactions similaires
Aux pauvres humains désespérés...

Une licorne nommée Gelu, en ce dimanche naviguait à vue.
Seule et solitaire, elle décida de rendre sa vie moins austère,
En s'insérant dans un groupuscule,
Avant la venue du crépuscule.

Par un beau matin ensoleillé, elle croisa une horde de chevaux,
Choisissant de s'insérer, elle se mit comme eux au galop.
Les simples bêtes n'étaient pas peu fières,
De courir avec cet être extraordinaire.
Gelu semblait heureuse, mais bien vite elle déchanta...
La conversation devint bien vite ennuyeuse, en un éclair elle s'éclipsa...

Alors que l'après-midi se couvrait,
La licorne aborda une chèvre jeune et gaie :
« Bonjour, je suis gâtée :
Toi au moins tu me ressembles
Est-ce que ça te dirait,
Que l'on passe du temps ensemble ? »
L'agréable animal acquiesça,
Et ce qui devait arriver arriva.
La mortelle créature se sentit bien vite concurrencée
De l'être particulier elle voulut se séparer.
Gelu repartit sur sa route,
Pas encore remise d'une nouvelle déroute...

Le soir tombait tout comme la pluie,
Et notre licorne était toujours sans amis.
Clin d'½il de la destinée, elle tomba sur Pégase, le cheval ailé :
Un être rare et recherché, elle se sentit réconfortée !
Mais bientôt Pégase voulut s'envoler,
Alors que Gelu au sol était clouée.
Le cheval ailé ne pouvait pas se priver d'une telle liberté,
Le cheval corné se retrouva encore une fois isolé
La réalité est bien souvent cruelle :
Nos deux créatures exceptionnelles,
N'avait vraiment rien en commun,
Gelu resta sur sa faim,
Et prit congé de son compagnon,
Achevant la journée d'une bien triste façon...

Quand on est unique,
Parfois on se sent seul,
On devient mélancolique,
Quand on se sent sans aïeuls...
Un peu comme tout le monde,
Jamais comme les autres,
Solitude profonde,
De l'élu sans apôtres...

# Posté le mardi 15 mai 2007 17:51

Modifié le samedi 03 novembre 2007 08:31

Stigmates (Livre I)

Stigmates (Livre I)
Quand les tocsins sonnent le vent de la révolte,
Quand les hérétiques dans le vrai virevoltent,
Le prêtre prend de la hauteur sur son autel
Pour s'attirer les faveurs du ciel.
Du haut de son perchoir, le corbeau de mauvaise augure
Contemple solennellement le Monde et ses fissures.
Dans cet épais brouillard de doux supplices,
Chacun est capable de tous les sacrifices,
Prêt à vendre son âme au Diable
Pour être le héros de la fable,
Prêt à retourner sa veste
Quitte à ce qu'un ami les déteste.

Le Monde est un gigantesque mausolée,
Où se côtoient les esprits envoûtés,
Marqués par une vie qui ne les a pas épargnés
Stigmates gravés à regret, à jamais.
Chaque carcasse humaine porte en elle
Bon nombre d'immortelles séquelles,
Tant de combats perdus face au Cerbère,
Je porte sur moi la marque des griffes des Enfers.
Ecorché vif par une ascendance déstabilisatrice,
Prisonnier dans le cachot du Château des Carpates,
Noyé dans une solitude qui déshydrate,
Méconnaissable sous mes multiples cicatrices.
Peu à peu Hyde a pris le pas sur le Docteur,
M'isolant doucement dans le gouffre du malheur.
Le Styx guide ma barque pour ce voyage mortuaire,
Ah que Lucifer est malin quand il opère !

Les Vampires prennent le pas sur notre race,
Innocents, naïfs et candides trépassent.
Chaque nouveau membre des bas-fonds
Suce goulûment le sang du prochain maillon
Chaîne désenchantée destinée à la Nécropole
Tous réduits à demander l'obole.
L'Apocalypse résonne comme l'éclair,
La désolation a tué notre Père.

Tu es la colombe dans ce paysage chaotique,
La dernière chance face à cette automutilation névrotique.
Touche d'espoir et de bonheur,
La pureté de la licorne et sa douceur.
Exorcisant les démons qui me hantent,
Tu es la voix du bonheur qui chaque jour chante.
L'optimisme comme bouclier,
Ton sourire à la pointe de mon épée
Même si la vie est ingrate,
Je triompherais de mes stigmates.

# Posté le mardi 15 mai 2007 17:53

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 08:02