III-III Une étincelle contre la fatalité

C'était à l'époque où la sérénité régnait sur nos terres,
Ce temps lointain où le denier ne contrôlait pas nos pairs,
Où chaque rejeton pouvait compter sur son père et sa mère,
Où l'on ignorait tout de ce qui se cachait au large des mers.
Les ancêtres de Talouda n'agissaient jamais avec calcul,
Ils se reproduisaient sans penser à amasser le moindre pécule.
Pas encore perverti et malgré cette forme ancestrale de sagesse,
Ils ne cherchaient jamais à dépasser leur condition et ses bassesses.
Les rencontres se succédaient dans une indifférence atavique,
Programmés dans une pauvreté de l'esprit génétique et chronique.
Les lutins sont ainsi inlassablement forgés par le Créateur :
Totalement asservis par l'héritage de leur candeur.
Si fortuitement ils croisent le chemin du moindre lettré,
Ils n'entendent pas le message fatalement trop compliqué.
Si par mégarde ils rencontrent un simple badaud,
Ils le prendront inévitablement pour un manchot.
Préférant toujours converser en toute légèreté,
Ils stagneront toujours dans leur médiocrité.
Ils n'en souffriront pourtant pas pour autant,
Conditionnés par un système qui les rend inconscients.
Ce qui a changé le destin de cette nouvelle lignée héroïque,
C'est lorsque Talouda s'est brûlé sur la Chandelle magique.
Erigée à l'entrée du temple aux mille cierges,
Cet El Dorado caché dans les secrets de la forêt vierge.
Cet événement aura changé le cours de ses vies,
De simple peureux il accédait subitement à l'Esprit,
Et si son courage restait au ras des pâquerettes,
Il devenait d'un coup miraculeusement moins bête.
Non pas que la lumière eut envahie l'obscurité de sa conscience,
Juste la faible lueur indispensable qui permet de renverser la tendance.
Motivé à l'idée de se lancer sur le chemin menant à l'érudition,
Talouda connaîtrait un jour la joie de ne plus être un poltron.
Mais pour une exception, combien échappent à l'axiome ?
Combien ne connaîtront jamais la vérité sur les hommes ?
L'instant ne peut être appréhendé comme une vérité figée :
C'est une étape qui nous fait tendre vers une excellence méritée.
Simple lutin tu es, simple lutin tu resteras,
Seulement si tu laisses la flemme guider tes pas.

# Posté le mardi 08 avril 2008 06:40

III-IV Crise de nerfs

III-IV Crise de nerf

Barako le nain guerrier arborait fièrement sa hache,
Il ne fallait mieux pas qu'un jour il se fâche.
Ses muscles ne parvenaient pas à se dissimuler sous son armure,
Ce combattant surpuissant avait fière allure.
Le nain travaillait dur pour atteindre ses desseins,
Il rejoindrait bientôt l'Armée des Anciens.
Cette milice était crainte de ceux qui enfreignaient la loi,
Car les villageois n'avaient jamais l'occasion de divaguer deux fois.
Chaque écart était bien vite sévèrement puni,
Le fautif n'avait guère le temps d'être averti.
Même les plus savants n'avaient pas le droit à l'erreur,
S'ils ne voulaient pas connaître les pires douleurs.
Les Anciens réfutaient toute forme d'indulgence
Car c'était pour eux accepter les prémices de la déchéance.
Ce matin-là, Barako croisa la route de l'Inconnu,
Qui subit bien vite les pires quolibets du nain trapu.
« Affreux monstre sans famille,
Tu n'es pas plus large qu'une brindille ! »
Les insultes fusaient devant un public amusé,
La tristesse montait dans les yeux de l'Inconnu désemparé.
Mais d'un coup ses pupilles se révulsèrent,
Il entra dans une incroyable colère.
Il arracha ses vêtements devenus soudain trop étroits
Et montra Barako férocement du doigt.
Il se rua sur le guerrier insolent et inconscient,
Et le roua de coups sans lui laisser de temps.
Barako encaissait sans pouvoir réagir,
L'inconnu maintenait la cadence, sans fléchir.
La ronde des villageois n'y croyait pas,
Mais le nain guerrier passa de la vie à trépas.
La petite créature verte, instantanément calmée,
Repris sa route visiblement soulagée.
Depuis ce jour, plus personne ne l'importune,
De peur de subir sa furie peu commune...






# Posté le jeudi 10 avril 2008 02:22

III-V Feu de Forêt

Les Mondes ont ainsi été construits :
R
enfermant des lieux empreints de magie.
Une a
tmosphère qui vous transporte ailleurs,
Qui
initie votre esprit aux mille et une saveurs.
Aiman
t qui vous attire sans vraiment savoir pourquoi,
Gu
idant nos pas sur une mystérieuse et sinueuse voie.
A l'ouest, une forêt se dresse, dense et immense :
Les intrépides s'y enfoncent se dépucelant de leur innocence ;
M
ais pas question de s'y lancer à corps perdu :
Les
gardiens des cachotteries les dévoreraient tout cru.
Pour
y découvrir le Temple, il faut faire fonctionner ses méninges,
Comme disent les humains : « Etre malin comme un singe ».
Il fut un temps où Talouda et l'Orphelin avait fait l'expédition,
Bien
décidés à concrétiser leurs investigations.
L'enseignement s'était glissé en eux,
Ils avaient su allumer le feu.
B
rûlés à vif pour toutes leurs vies,
Ha
bités par une inépuisable énergie.
La
Chandelle révèle la lumière,
A c
elui qui a su devenu clerc.
Elle
inscrit dans la cire rendue prête,
Les
hiéroglyphes qui, pour le troupeau, reste secrètes.
Le c
upide voyageur s'y trompe souvent,
Obn
ubilé par son désir de rubis et d'argent.
On
recherche le Temple pour ses richesses,
Même
les plus censés plongent dans cette ivresse.
Mais le plus grand des trésors ne contient pas la moindre pièce d'or,
Riches et pauvres resteront fatalement égaux face à la Mort.
En
revanche, le malade conscient reste confiant en l'avenir,
Il att
end patiemment de mourir pour se redécouvrir.
Quand
le c½ur jeûne de ses palpitations,
La
vie prend juste une récréation.
Mais
tout n'est qu'éternel recommencement
Un
iquement pour celui qui veut rester ignorant.

# Posté le dimanche 13 avril 2008 04:39

III-VI Parce que les fleurs c'est périssable

Entre eux deux, c'était une nouvelle fois la querelle,
Cela n'avait plus rien d'exceptionnel.
Etait-ce le temps qui avait fait faner cette idylle ?
Pourquoi l'Amour est-il à ce point si fragile ?
Sa paresse grossissait comme l'indiquait la balance,
Devant son écran elle s'en mettait plein la panse.
Elle lui reprochait son omniprésent mysticisme,
Elle ne supportait plus son trop plein de cynisme.
Danéo dévorait les ½uvres de son auteur favori,
Jean-Pierre Martin, celui qui se vantait d'avoir tout compris.
Ils passaient leurs soirées chacun dans leur appartement,
Délaissant complètement l'éducation de Petit Jean.
Micheline avait perdu son ex-mari dans un terrible drame,
Comme dans les séries télévisées qui plaisaient tant à madame.
Mutilé par les pulsions d'un psychopathe en série,
Le père de Petit Jean avait perdu la vie.
Marqué au fer rouge par cet épisode traumatisant,
Le jeune enfant avait sûrement grandi trop rapidement.
Beaucoup plus mûr que ses camarades de classe,
Il peinait à véritablement trouver sa place.
Il avait pris l'habitude de discuter avec l'Inspecteur,
Qui avait su trouver les mots pour apprivoiser ses peurs.
Ces histoires d'elfes et de lutins lui aéraient l'esprit,
Même si parfois il avait d'étranges visions,
Il n'osait les partager par crainte des railleries,
Mais il se sentait souvent plus proche de l'Autre dimension.
Comme s'il avait déjà vécu dans le Royaume des Anciens,
Comme si son défunt père avait été un nain.
Lorsque le jour serait arrivé, il en parlerait à Danéo,
Mais il était convaincu que c'était encore beaucoup trop tôt.
Ce soir-là il était parti voir un film de science-fiction,
Le genre d'images qui nourrissait sa passion.
Il poireautait en martyrisant la sonnette à la porte de chez lui,
Pendant que sa mère n'entendait rien de tout ce bruit.


# Posté le jeudi 17 avril 2008 01:03

Camping Clairement Assurément Super

Cinq jours et plus si affinités
Respecter pour ne pas se faire éjecter,
Libre d'aller où le vent nous porte,
Libre de vivre sans mur ni porte.
Laisser loin de côté goudron et béton,
Les joies du camping, le PQ à la main,
Vivre en communauté avec des voisins de tout horizon,
Avoir des glaçons pour être sûr que la glacière tiendra jusqu'à demain !
Des animateurs beaux et musclés
Avé l'accent qui sent bon l'été.
Des animatrices non moins charmantes
Aux mille et une idées décoiffantes.
Se rafraîchir au bar pour quelques ronds,
Déguster divers mets onctueusement bons.
Le plein de saveurs avec Pierre le Provençal,
Excursions guidées à la découverte des richesses méridionales.
Petits footings et autres gâteries pour avoir un corps de rêve,
Enchaîner foot, escalade et tennis sans jamais faire de trêve.
Tirer ou pointer mais toujours dans la bonne humeur,
Les baguettes de Claudette à aller chercher de bonne heure.
La petite touche culturelle pour mourir moins bête,
Le seul truc qui nous manque c'est le panier de basket.
Bref des vacances pleines de soleil et d'action,
J'espère que la CCAS survivra à la privatisation !

# Posté le vendredi 15 août 2008 05:00