Nuée de malheur (Livre I)

Nuée de malheur (Livre I)
Il porte en lui les stigmates de la vie
Mais n'habite malheureusement pas qu'en Transylvanie.
Il regarde le Vrai Monde de ses yeux ensanglantés,
Il se pose en menace pour notre communauté.
Ses lèvres rouges - sang tranchent avec son teint blême,
Il est le facteur multiplicatif du problème.
Casse-tête pour les nains responsables du recensement,
Son taux de reproduction se décuplant constamment.
Le malin veut te faire boire de l'alcool
Pour te faire à ton tour jouer son rôle
Partager son lourd fardeau
En te mordillant de bas en haut.
A plusieurs, les croix sont moins lourdes à porter
Il cherche l'âme pure à détourner.
Il traque la faille dans la cuirasse
Pour mieux attaquer de pleine face.
Sa morsure est discrète et subtile
Mais le venin toujours irréversible.
Petit à petit, habilement, il s'immisce
Il inonde sa proie d'une corrosion destructrice.
Chaque chauve-souris humaine
N'est qu'une victime du phénomène.
On peut néanmoins la blâmer
D'être paralysée, incapable de la moindre réactivité.
Se reproduire plutôt que de chercher à se soigner,
Continuer le cercle en pure passivité.
Plutôt que de pervertir les pucelles immaculées
Il serait bon de trouver sa gousse d'ail pour se protéger.
Le vampire ne peut se regarder dans le miroir :
Il ne peut supporter le reflet de son désespoir.
Son espérance de vie n'est pas infinie
Car s'il ne parvient pas à contrôler son esprit
En plein c½ur, sa croix finira par se planter
Le laissant dans ses tourments pour l'éternité...

Ame pure, c'est à toi que je m'adresse :
Quand le vampire te décline sa sainte- messe,
Son discours de pitié qu'il connaît par c½ur,
Par pitié, réponds-lui d'aller paître ailleurs,
En effet, rien ne peut s'avérer plus dangereux
Que de vouloir aider un vampire malheureux
.

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:01

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 07:21

Seul dans le Paradis blanc (Livre I)

C'est l'histoire d'un bonhomme tout blanc
Fabriqué avec soin par des petits enfants.
Une carotte en guise de nez,
Un chapeau pour se protéger.
La douceur revenue comme son pire ennemi,
L'homme voit défiler sa courte vie.
Il s'est formé dans la joie et la bonne humeur,
Il s'évanouira dans seulement quelques heures.
Il aurait aimé partir en voyage,
Photographier de nouveaux visages,
Mais on ne lui a jamais donné de pieds,
Ni de jambes pour se déplacer.
Ses parents l'ont gardé pour eux, égoïstement,
Témoins de gais mais éphémères instants.
Une bataille où les balles restent inoffensives,
Où les cailloux n'ont qu'une valeur décorative.
Il regrette tant de ne pas pouvoir prendre racine dans le désert,
De n'avoir jamais vu d'autres saisons que l'hiver.
Il se morfond dans la solitude de son existence,
En attendant que le soleil ne sonne le glas de sa déchéance.
Tout le monde se rassemble pour qu'il naisse,
Ses moments d'allégresse pourraient avoir valeur de promesse
Si notre ami n'avait pas l'expérience des autres fois,
Ce soir, exceptionnellement, le bonhomme de neige a froid.
Rendu malade par une inertie qui le congestionne,
Rejeté par des parents qui l'ont créé aphone,
Condamné à vivre sa triste destinée,
Il attend patiemment l'arrivée de l'été.
Il n'a pas décidé de sa naissance,
Il sera contraint de tirer bien vite sa révérence.
Seul dans le Paradis blanc (Livre I)

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:02

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 07:37

La folie des hauteurs (Livre I)

La folie des hauteurs (Livre I)
Une libellule ayant la folie des grandeurs
Voulait se sublimer librement dans les hauteurs.
Ecrasant sans pitié les moins ambitieux,
On la disait un brin prétentieux...
Elle aurait aimé trouver un co-pilote,
Lassée de se limiter au rase-motte.
Toujours habitée par les plus grands projets,
Elle reprochait souvent aux autres leur passivité.
Leurs ailes ne battaient jamais assez vite pour notre libellule,
Qui considérait qu'ils n'étaient pas assez dignes pour entrer dans sa bulle.

Un jour enfin elle fit la connaissance d'un majestueux faucon,
Qui régnait de très haut sur les proches environs.
Ce jour-là on entendit résonner le tonnerre,
Tant le coup de foudre fut rapide comme l'éclair.
Mêmes envies empreints de démesure,
Même vision battante à réinventer le futur.
L'osmose qu'elle attendait fut instantanément parfaite
Notre insecte était enfin parée pour partir en conquête.
Mais le rapace plein de vie prit bientôt trop d'altitude,
Pour l'égo de notre amie ça devenait trop rude.
Lâchement elle coupa les ailes de son divin complice,
Afin de retrouver paisiblement sa tranquillité dominatrice.
Le faucon s'éteignit sans vie cloué, au sol,
Ne comprenant jamais pourquoi sa reine était devenue folle.
Il ne voulait guère faire de l'ombre à leur entente,
Juste gravir ensemble les plus grandes pentes.

Le salut se produisit un jour de mauvais temps,
Notre libellule cherchait à célébrer pompeusement le printemps.
Le destin fut si clément avec elle,
Qu'il lui offrit un compagnon éternel.
Une taupe, en effet, sortit la tête de terre,
Notre amie la trouva bien vite extraordinaire.
Elle lui proposa un grand et bel odyssée,
Partager sa vie et tous ses projets.
La taupe auréolée par pareille proposition,
Ne pensa pas une seule seconde à lui répondre non.
Notre paire indissociable se lança dans les plus épiques voyages,
Chacune grandi réciproquement de ce fortuit assemblage :
La taupe partageait la vie d'une vedette,
La libellule pouvait faire sa starlette.
Voir d'en haut : elle réalisait son rêve,
La reine avait enfin trouvé sa fève.

Elle ne voulait pas voler si haut,
Juste se sentir au-dessus des badauds.
Tout ordre de grandeur est ma foi fort relatif,
Au royaume des aveugles, les borgnes sont les califes.
Tout le monde ne peut pas être le phoenix des hôtes de ces bois,
Celui qui veut se sentir grand doit savoir choisir sa proie.
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# Posté le mardi 15 mai 2007 18:03

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 07:44

Les Tourments du Bagnard face à son bourreau (Livre I)

Les Tourments du Bagnard face à son bourreau (Livre I)
Acte I
Coco le gobelin n'a jamais connu la lumière,
Croupissant dans les bas-fonds de sa prison austère.
Il ne connaît pas les secrets de l'extérieur,
Il ne voit rien, ne sent aucune odeur...
Coupable d'aucun crime,
C'est pourtant lui l'innocente victime.
La vie est un secret pour lui
Tapi dans l'ombre, il s'oublie.

Quiqui le troll est son bourreau,
Celui qui souffle le froid, le chaud.
L'imposant costaud est le plus fort,
L'unique maître à bord :
Il contrôle toute la vie de son prisonnier,
L'empêche de vivre en liberté.
L'épanouissement du bagnard n'est pas envisageable,
Le gardien n'ayant aucune faiblesse charitable.

Coco n'est pas forcément fâché contre Quiqui :
La captivité a du bon pour lui.
Dans sa cellule il se sent protégé
De l'agression perpétuelle des perfides guerriers.
La geôle comme bulle protectrice,
La détention comme retraite salvatrice.
Mais le bourreau toujours reste inflexible,
Rendant le bonheur du bagnard jamais tangible.

Deux siècles passèrent au pénitencier
Quand le chant d'une sirène vint soudain perturber
Les tours de garde du troll trop zélé
Qui bien vite perdit ses clefs.
Le gobelin saisit l'opportunité
Et, enfin, pu s'échapper.
Le Vrai Monde se présentait devant ses yeux ébahis,
C'était le début de sa nouvelle vie.

Acte II
Coco commença par combattre Quiqui
Qui se retrouva bien vite au tapis.
Les rôles s'étaient inversés :
Coco pouvait désormais exister.
Il regardait autour de lui tel un nouveau-né,
Vivant chaque banalité comme une géniale nouveauté
Il découvrit que le monde était plus grand qu'un cachot,
Il apprit à discerner le laid du beau.
Volant de ses propres ailes,
Il pu faire la connaissance d'une gazelle.
Un vieillard de deux cents ans tombe amoureux,
Il apprend ce que c'est d'être deux.
Comme une machine qui tourne carré,
Il ressent des émotions jamais explorées.
Les fleurs sentent le bonheur,
L'amour crée la chaleur...

Mais Quiqui n'avait pas oublié son exilé :
Il revint frapper à la porte de sa chaumière isolée.
Coco ouvrit et en un éclair,
Le troll lui fit mordre la poussière.
Un âpre combat s'en suivit
Chacun luttant pour sa survie.
Finalement le bourreau lâcha prise
Et le gobelin en cavale s'extirpa de son emprise.

Chaque décennie, le troll revint à la charge
Pour tenter de reprendre Coco en otage.
A chaque nouvelle hostilité,
Tout le monde pensait que le gobelin allait retourner au pénitencier.
La lutte chaque fois s'intensifiait,
Mais il parvenait à préserver sa liberté.
Ainsi, jusqu'à la fin de sa vie,
Coco était condamné à combattre Quiqui.


Epilogue.
En chacun de nous, il y a un Quiqui et un Coco,
Une lutte incessante entre le c½ur et le cerveau.
Qui sera le bourreau et le prisonnier ?
Qui saura se libérer ?
La raison aimerait toujours pouvoir contrôler la passion,
Mais les innocents ne finissent pas leur vie en prison.

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:05

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 08:13

Renversement angélique (Livre I)

Renversement angélique (Livre I)
Un regard s'échangea entre eux
Sans
le savoir leurs c½urs avaient pris feu.
Une
jeune princesse s'éprend d'un petit ange,
Tou
te sa vie soudain s'arrange.
De son
gardien elle est si folle,
Elle adm
ire longuement son auréole.
Pas de
problème, rien que des solutions,
To
ujours la réponse à toutes les questions.
Pe
u à peu, l'ange devient indispensable
Vivre
sans lui c'est impensable.
Si différent au sein des mortels,
El
le le trouve exceptionnel.

Le jour
fatidique pointa hélas le bout de son nez :
Le Parad
is rappelait son messager.
Mais les Dieux pouvaient fulminer autant qu'ils le voulaient :
L'ange a
vait trouvé sa destinée.
L'
être divin avait besoin de sa princesse,
De
sa présence, de ses caresses.
Unis
l'un à l'autre pour toutes les danses,
La vie
pour lui prenait un sens.
L'ange d
écouvrit qu'il avait un c½ur,
Qu'à l
ui aussi on pouvait apporter du bonheur.
A f
orce de donner,
Il
avait oublié qu'il pouvait recevoir,
Une lu
mière toujours allumée,
Plu
s jamais seul dans le noir.

Le pet
it bonhomme ailé avait trouvé ce qu'il lui fallait pour être heureux,
L
es Anges sont faits pour les rencontres, pas pour les adieux...

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:05

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 07:49