La tortue marche à tâtons,
Peu de choses lui font envie,
Elle préfère tourner en rond.
Elle ne veut pas trop détaler,
De peur de vite s'essouffler...
Elle bichonne sa maison,
Avec constance et patience,
Elle écoute toujours la Raison,
En qui elle a toute confiance...
La tortue veut toujours se marier,
C'est donc Madame que nous allons l'appeler...
Dans toute sa vie de tortue,
Madame aura peu découvert,
Ne croyez pas qu'elle soit déçue,
C'est comme cela qu'elle préfère !
Ne pas trop s'éparpiller,
Cultiver son petit jardin,
Trop loin il y a danger,
Tout près c'est tellement bien !
Madame croisa bien un jour la Girafe
Qui voulut lui montrer comment mettre son coup en carafe,
La tortue fut bien trop fermée,
Pour accepter telle nouveauté.
Sa petite vie est déjà bien belle,
Pourquoi tenter chose nouvelle ?
Mais un jour la tortue se réveille,
Elle se rend compte qu'elle est vieille,
Que la vie a défilé en trombe,
Que demain elle sera dans la tombe...
Tant d'occasions perdues,
Tant de rencontres manquées,
Triste et déçue,
Mais trop tard pour pleurer...
Le lièvre court toujours à fond,
Tout est grand, tout est joli,
Il ne veut pas mourir con.
Il n'a pas le temps de s'attarder,
Toujours sur le qui-vive d'un nouveau sujet.
Le lièvre ne peut pas s'occuper de sa maison,
Il ne trouve pas ça très folichon :
Il trouve toujours mieux à faire,
C½ur et Passion sont les amis qu'il préfère !
Monsieur le lièvre est toujours pressé,
Repoussant sans cesse les limites de sa santé.
Au bilan, le sommeil est plus que limité,
Inutile de perdre son temps allongé.
Le lièvre se lasse rapidement,
Il doit vite passer à autre chose,
Le nouveau est toujours plus flamboyant,
Jamais, c'est proscrit, il ne se pose.
Son bonheur n'est pas dans le pré,
C'est trop simple, trop près.
Toujours en quête d'un nouveau domaine,
Notre ami rencontra la Sirène.
Jeune créature magnifique d'un sang divin,
Pleine d'admiration pour notre lièvre de formule 1.
Il n'eut pas le temps de l'emballer,
Déjà à l'affût de la prochaine nouveauté...
Mais un jour le lièvre a de l'arthrose,
Si proche de la fin, enfin il se pose,
Notre existence défile, cavale,
Telle une tornade, une rafale...
A force de surfer sur la vie,
On reste à la surface,
Les petits plaisirs simples s'oublient,
Quand on ne leur laisse plus de place...
Mesdames et messieurs,
Si vous voulez être heureux,
Trouvez le juste milieu qui vous convient,
L'équilibre qui vous permet d'être bien.
Plutôt lièvre, plutôt tortue,
C'est vous qui avez les clefs,
Ne soyez pas déçus
La route c'est vous qui le tracez...
Quand se présentera la fin du chemin de la vie,
Ce serait dommage de se retrouver comme nos deux amis !
