Le Lièvre et la Tortue (Livre I)

Sur le chemin de la vie,
La tortue marche à tâtons,
Peu de choses lui font envie,
Elle préfère tourner en rond.

Elle ne veut pas trop détaler,
De peur de vite s'essouffler...
Elle bichonne sa maison,
Avec constance et patience,
Elle écoute toujours la Raison,
En qui elle a toute confiance...

La tortue veut toujours se marier,
C'est donc Madame que nous allons l'appeler...
Dans toute sa vie de tortue,
Madame aura peu découvert,
Ne croyez pas qu'elle soit déçue,
C'est comme cela qu'elle préfère !
Ne pas trop s'éparpiller,
Cultiver son petit jardin,
Trop loin il y a danger,
Tout près c'est tellement bien !
Madame croisa bien un jour la Girafe
Qui voulut lui montrer comment mettre son coup en carafe,
La tortue fut bien trop fermée,
Pour accepter telle nouveauté.
Sa petite vie est déjà bien belle,
Pourquoi tenter chose nouvelle ?

Mais un jour la tortue se réveille,
Elle se rend compte qu'elle est vieille,
Que la vie a défilé en trombe,
Que demain elle sera dans la tombe...
Tant d'occasions perdues,
Tant de rencontres manquées,
Triste et déçue,
Mais trop tard pour pleurer...


Sur le chemin de la vie,
Le lièvre court toujours à fond,
Tout est grand, tout est joli,
Il ne veut pas mourir con.

Il n'a pas le temps de s'attarder,
Toujours sur le qui-vive d'un nouveau sujet.
Le lièvre ne peut pas s'occuper de sa maison,
Il ne trouve pas ça très folichon :
Il trouve toujours mieux à faire,
C½ur et Passion sont les amis qu'il préfère !

Monsieur le lièvre est toujours pressé,
Repoussant sans cesse les limites de sa santé.
Au bilan, le sommeil est plus que limité,
Inutile de perdre son temps allongé.
Le lièvre se lasse rapidement,
Il doit vite passer à autre chose,
Le nouveau est toujours plus flamboyant,
Jamais, c'est proscrit, il ne se pose.
Son bonheur n'est pas dans le pré,
C'est trop simple, trop près.
Toujours en quête d'un nouveau domaine,
Notre ami rencontra la Sirène.
Jeune créature magnifique d'un sang divin,
Pleine d'admiration pour notre lièvre de formule 1.
Il n'eut pas le temps de l'emballer,
Déjà à l'affût de la prochaine nouveauté...

Mais un jour le lièvre a de l'arthrose,
Si proche de la fin, enfin il se pose,
Notre existence défile, cavale,
Telle une tornade, une rafale...
A force de surfer sur la vie,
On reste à la surface,
Les petits plaisirs simples s'oublient,
Quand on ne leur laisse plus de place...


Mesdames et messieurs,
Si vous voulez être heureux,
Trouvez le juste milieu qui vous convient,
L'équilibre qui vous permet d'être bien.
Plutôt lièvre, plutôt tortue,
C'est vous qui avez les clefs,
Ne soyez pas déçus
La route c'est vous qui le tracez...
Quand se présentera la fin du chemin de la vie,
Ce serait dommage de se retrouver comme nos deux amis !
Le Lièvre et la Tortue (Livre I)
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# Posté le mardi 15 mai 2007 18:06

Modifié le lundi 05 novembre 2007 12:22

Igothep, l'Assassin Silencieux (Livre I)

Igothep, l'Assassin Silencieux (Livre I)
Il est toujours là, derrière toi.
Tu as beau te retourner, jamais tu ne le vois.
Par la faute de ce fléau tout est déformé :
Tu ne peux discerner le faux du vrai.
Tu te prends trop au sérieux
Tu te crois trop laid, trop vieux.
Subrepticement l'assassin traque sa proie
Guettant subtilement le moindre faux-pas.
Le geste inutile au moment inopportun,
Le mot déplacé qui rend le climat malsain.
Ce moine pervers amène la discorde
Il crée la goutte d'eau pour que le vase déborde.
Cette calamité n'a pas d'âge
Il t'empêche d'évoluer, de tourner la page.
Il est là, partout
Enivrant même les moins saouls.
Au royaume des fiers
Le pardon n'existe pas
La rancune reste amère.
Quand on laisse l'égo guider ses pas.
Toi seul peut le contrôler
Avec la sagesse comme unique bouclier.

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:07

Modifié le lundi 05 novembre 2007 12:22

La Montagne sans failles (Livre I)

Au c½ur du Vrai Monde, haute perchée,
La Montagne pourpre trône avec majesté.
Qu'est-ce qui la rend si forte ?
Comment résiste-t-elle aux intempéries de toutes sortes ?
Pleine de mystères, de cimes inviolées,
Personne ne connaît l'honneur d'être au sommet.

Deux ambitieux lutins partis à l'aventure
Voulaient gravir la Légende à toute allure.
Presque arrivés au sommet sans sourciller
Les alpinistes voulurent percer le terrible secret.
Parvenus sur un sol vierge et immaculé,
Ils découvraient une faille que personne ne connaissait.
Les deux héros décidèrent de s'y introduire,
Tout excités à l'idée de ce qu'ils allaient découvrir.
Le chemin fut long et laborieux,
Mais les petits lutins étaient valeureux.
Pic après pic leur quête devenait mythique,
Chaque nouvelle galerie semblait magique.
Les lutins comprenaient peu à peu les faiblesses,
Comment plonger la Montagne dans la détresse.
Le monument n'était plus invincible,
La détruire devenait possible.

La terre se mit alors à trembler dans un grand fracas.
Stalactites, rochers, tout s'écroula.
Dame nature reprit le contrôle,
La montagne sortit du formole...
L'épicentre semblait être proche des deux infortunés,
Tant les secousses s'y montraient élevés.
Le trou béant découvert par ces jeunes effrontés
Etaient sur le point de se refermer.
Les deux valeureux chenapans,
Allaient être enterrés vivants !
Ecrasés dans un concert de cris d'effroi,
On n'entendit bientôt plus aucune voix.
La fumée de poussière disparut doucement,
La vie reprenait son cours silencieusement.
La porte du sarcophage n'était plus visible,
La Montagne était redevenue indestructible.

Si tu découvres sur le chemin de ta quête
Une faille qui te semble grande ouverte,
Méfie-toi avant de t'y engouffrer :
C'est peut-être un piège qui t'a été posé.
C'est quand on se sent vraiment en danger,
Qu'on est le plus enclin à se protéger.
La Montagne sans failles (Livre I)
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# Posté le mardi 15 mai 2007 18:08

Modifié le lundi 05 novembre 2007 12:28

Le Jardin d'Eden (Livre I)

Le Jardin d'Eden (Livre I)
Au soleil, quatre roses s'exposent
Lo
in de tous les paysages moroses,
Réfu
giés derrière de larges haies,
Murail
les qui les a toujours protégées.

Le hobbit qui aime tant ce qui brille,
Réserve
à sa fleur tout ce qui luit, ce qui scintille
Chaque j
our il la nourrit du meilleur engrais,
Celle
dont raffolent tous les bouquets.
Bre
uvage complet multivitaminé.
Qui transforme en un éclair
Un jeune
pétale en chêne centenaire.
Dorlotée
aux gadgets dernier cri,
Une princesse que tout le monde envie
M
ais qui meurt en pleine jeunesse,
R
edevenant petite graine à toute vitesse.
Elle av
ait tout mais il lui manquait l'ingrédient essentiel,
L
e malheureux hobbit ne savait même pas lequel...

 Le
directeur du cirque des bouffons
Etai
t ravi de sa nouvelle acquisition.
Il
lui avait ainsi confectionné un solide cocon,
Pour l'e
mmener dans les prestigieuses réceptions.
D
ès que les modalités mondaines étaient terminées
Il entourait sa chose d'une épaisse grille dorée.
Protég
ée de tous les dangers extérieurs,
Co
ncurrents, herboristes, voleurs...
M
ais à force d'être privée d'air,
La r
ose voulut changer d'atmosphère :
De
sa tige bientôt elle se sépara,
Mais
malheureusement elle n'y survécut pas...

 Le
suzerain qui aime tant la musique
Am
bitionne que sa rose soit la plus magnifique.
Se trouvant à cours d'eau de la rivière sacrée,
Il déci
de d'utiliser son vin pour l'arroser...
Q
ue croyait vous qu'il advint ?
La
rose perdit tout son teint...
Ses fe
uilles se brisèrent,
S
a fraîcheur devint austère,
Ce qu
i la rendait unique s'envola,
La bell
e rose se fana
La
fleur devint blême,
Et
se transforma en chrysanthème.

Le nain du jardin d'à côté est le héros du 4ème verset :
Il éta
it parvenu à séduire la dernre rose tant convoitée.
C
haque jour il se débrouillait,
Pour r
écupérer l'eau de la pluie qui tombait.
Avec s
on arrosoir rouillé,
Il nourrissait sa bien aimée.
Ce g
este délicat était chaque heure accompagné
Pour
chaque pétale d'un tendre baiser.
M
atin après matin, la fleur s'ouvrait davantage
S
'épanouissant au fil des âges,
Elle
devint bientôt aussi grande que son maître,
E
trange symbiose entre ces deux êtres...

C'est
le temps que tu as donné pour ta rose qui fait ta rose si importante,
C'e
st la chanson de l'amour que chaque jour tu lui chantes,
Toute ce
tte attention qui permet de grandir,
C'est dan
s la réciprocité que l'on peut mûrir.

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:09

Modifié le lundi 05 novembre 2007 15:22

Le Temps au dessus des nuages (Livre I)

Le Temps au dessus des nuages (Livre I)
[font=Sans-Serif]Dans un ronronnement mécanique
Les
pendules font tac tic :
J'é
coute le temps s'égrainer lentement,
Je
m'ennuie inlassablement.
Les seconde
s paraissent des heures
Dans cet
te mascarade sans saveur.
L
es grains de sable ne veulent plus s'écouler,
Mes lar
mes regardent ce sablier figé.
Je purge ma
peine, sans toi.
O
h qu'elle est lourde cette croix !
Alors je f
erme les yeux et je te vois.
J'ouvre les
oreilles, j'entends ta voix.
Mon c
½ur s'emballe,
Le
s minutes cavalent.
Quand
je te sens à mes côtés,
L'
horloge ne semble plus exister.
Q
uand je te respire, que tu m'habites,
E
mporté par le plaisir, tout va si vite.
Parenthèse épisodique : notre réalité
Là où rien n'est régulier.
Instants mag
iques qui se suivent à toute allure,
L'é
tincelle grandit au fur et à mesure.
Dan
s notre arbre quand je goûte tes caresses,
La norme se ret
ourne, le temps s'inverse.
Je te t
ouche par la pensée,
Je t'
imagine avec volupté,
C'es
t si petit une décennie quand s'aime à l'infini.
Deu
x semaines ne font plus peur,
Q
uand on grimpe dans l'oasis du bonheur,
Quatorze
jours deviennent si courts,
Qua
nd on vit le grand amour...

# Posté le mardi 15 mai 2007 18:10

Modifié le mardi 06 novembre 2007 09:33