Epitaphe

J'aimerais te serrer entre mes bras.
Mais les morts ne reviennent pas.
Toi qui est parti trop tôt
Toi qui me regarde d'en haut,
Pourquoi n'a-t-on pas eu plus de si bons moments ?
Que penses-tu de moi maintenant ?
J'aimerais gambader à tes côtés,
Te raconter ma vie, tous mes secrets.
Mais la vie t'a repris égoïstement,
Me laissant seul avec mes sentiments.
Il ne reste qu'une épitaphe fleurie,
Une tombe qui me laisse démuni.

Quand je ferme les yeux,
Je pense à toi,
Pourquoi es-tu aux cieux,
Pourquoi est-ce tombé sur toi ?
La mort est injuste lorsqu'elle agit,
Ne laissant que sanglots et mélancolie...
A quoi bon vivre dans la solitude ?
Pourquoi sans toi tout devient si rude ?
T'ai-je tout dit avant que tu nous quittes ?
Toutes ces questions qui tournent si vite...
Il ne reste qu'une épitaphe fleurie,
Une tombe qui m'inonde de nostalgie.

Mais ta flamme est toujours allumée,
Tu brûles en moi pour l'éternité,
Toi qui est mort,
Tu me donnes vie,
Tu me rends fort,
Tu me donnes l'envie.
Toujours présent dans mes pensées,
De tous les moments je veux profiter.
Et puisqu'il ne reste qu'une épitaphe fleurie,
C'est pour ne pas regretter les morts que je chante la vie.
Epitaphe

# Posté le mardi 29 mai 2007 18:15

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 13:22

Mort de Peine (Livre I)

Mort de Peine (Livre I)
Prince d'une princesse qui croupit au fond d'un cachot,
Qui est le mieux loti des deux ?
S'entrevoir parfois à travers les barreaux
Suffit-il pour être heureux ?

Idéaliser le bagne pour les rendre volontaires
Leur faire même croire qu'elles sont privilégiées
Simplement anesthésier les blessures à l'éther
Plutôt que de réellement soigner les plaies...

Coupable d'une cruelle décision
Condamnés à dix mois de réclusion,
Les amoureux partagent la peine,
Les amoureux partagent leur peine.

Mettre deux tours de clef pour ne pas se faire visiter
Ne pas laisser entrer le vent de la liberté.
Mais surtout mettre le verrou pour éviter de sortir
Se barricader pour s'empêcher de s'enfuir.

Car si la cage prive, elle protège de la vie,
Bulle reculée qui reporte la réalité
Lobotomisés, les détenus poussent des cris,
Guillotiner leur cerveau pour les empêcher de penser...

Il faut toujours se méfier avant de ramasser la savonnette
La mixité fait pourtant partie de la nature de notre planète.
Déséquilibrer ce que la Terre nous a donné
Rend l'édifice nettement moins solide sans ses piliers.

Car si la sentence n'a pas été prononcée à perpétuité
L'esprit du prisonnier est marqué à tout jamais.
Ça fait 25 ans que la peine de mort a été abolie,
Mais on meurt toujours de peine dans notre pays.

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# Posté le samedi 02 juin 2007 02:10

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 13:27

Courageux lutin (Livre II-I)

Courageux lutin (Livre II-I)
Talouda le lutin agacé par sa condition
Voulait se dévêtir de sa réputation de poltron.
Prenant des réserves en eau et en fruits,
Il partit voir où la route du Nord conduit.
Son maître lui avait pourtant répété
Que c'était une quête à vite oublier.
Le soleil déclinait peu à peu
Lorsque le lutin croisa la route d'un lépreux.
Notre ami curieux engagea la conversation :
« Que vais-je trouver dans cette direction ? »
Le grand malade à l'état critique
Se contenta de répondre d'un air énigmatique :
« Je recherchais une cure de jouvence
Ils m'ont appris que ma vieillesse était une chance. »
Le voyageur se mit à courir comme un lévrier,
Laissant Talouda en pleine perplexité.
Après plusieurs jours à marcher,
Il vit au loin de la fumée.
Devant lui se tenait stoïquement un elfe à la barbe blanche
Qui lui parla d'une voix rocailleuse mais franche :
« Bienvenue au Royaume des Anciens
Même si cet endroit n'est pas encore le tien.
Dis-moi ce que tu as compris
Pour voir si je te laisse la vie. »
Le lutin en toute honnêteté
Avoua qu'il voulait juste prouver sa témérité.
L'ermite lui donna une fourrure de loup ensanglantée
Pour qu'il puisse se vanter de l'avoir tué.
« Tu as trouvé ce que tu cherchais
Mais tu viens de courir un grand danger.
Ne t'avise plus jamais de revenir
Ou je serai contraint de te démolir. »
Satisfait, le lutin ne chercha pas plus loin :
Il prit sa toison et rebroussa chemin.

# Posté le mardi 05 juin 2007 01:19

Odeur macabre (Livre II-II)

Odeur macabre (Livre II-II)
Une maison pas comme les autres se cache au c½ur du village,
Sa tenue entièrement noire annonce les pires présages.
Qui peut bien pouvoir habiter cette demeure ?
A-t-elle été abandonnée, juste utile aux rôdeurs ?
Parfois, une senteur malodorante semble émaner de ses jardins,
Quiconque la respire tombe dans un profond chagrin...
Un nain de retour d'un laborieux travail à la mine
Se déplaçait dans les égouts non loin de la masure en ruine.
Marchant d'un pas sûr et déterminé,
Il fut cependant bien vite décontenancé.
Une étrange sensation d'être suivi,
Qu'une présence menaçait sa survie.
Dans un cri d'effroi, il tomba soudain face à face
Avec une créature dont il ne connaissait pas la race.
Paralysé par la bave de la bête en colère
Le nain fut broyé au plus profond de sa chair.
Le petit être au c½ur de pierre
Vit défiler toutes ses longues vies austères.
Une lumière intense semblait sortir de nulle part
Il avançait à tâtons, guidé comme par un phare.
Le son déclinait en même temps que tous ses sens.
Le sablier achevait de s'écouler, marquant la fin de la latence.
Deux petits yeux rouges remplis de sang,
Le gobelin multipliait avec satisfaction les cris stridents.
Fier de son méfait, il pouvait rentrer au bercail,
Heureux d'être une nouvelle fois l'instigateur des funérailles.
Le lendemain en début de matinée,
Le village s'était vêtu de ses tuniques immaculées.
Triste rituel qui conduit tout le Monde derrière la forêt,
Là où sans raison on ne peut s'aventurer.
La cloche du mausolée résonna de six coups,
Encore un innocent victime d'un fou...

# Posté le mercredi 06 juin 2007 01:46

Chasse gardée (Livre II-III)

Le village s'agitait de tous les côtés :
Hostius le nain pêcheur ramenait dans ses filets
Une épaisse masse d'argile dotée de vie
Capturée sur la plage au beau milieu de la nuit.
Dans ce monde où chaque parchemin est contrôlé par la Censure,
Où chaque hérétique croupit entre quatre murs
De peur que la Vérité soit unanimement connue
Le mot EMETH était écrit sur le front de l'inconnu.
Malgré les tortures les plus machiavéliques
L'amas de pierre restait méthodiquement amnésique.
Les nains démunis lui laissèrent un peu de répit :
L'étranger décida d'aller visiter ce beau pays.
« Merci de me laisser libre petit lutin. »
Déclara-t-il pas bien malin.
Le bourreau impassible rétorqua sans émotion apparente.
« Un lutin n'est pas un nain : chaque race est différente.
Si tu comptes découvrir ce qui nous entoure,
Sache que les pires dangers rôdent aux alentours. »
Mais l'imposant rocher ne s'inquiéta guère :
Il savait qu'il pouvait compter sur sa force légendaire.
Plusieurs alternatives se présentaient devant lui :
Les paysages étaient variés mais tous faisaient envie.
Une route vers des sommets enneigés,
La mer si bleue dont il venait,
Une épaisse forêt à première vue menaçante
Un marécage donnant sur des montagnes géantes.
Choisir s'avère si souvent cornélien
Qu'il réfléchit jusqu'au petit matin.
Il finit par prendre la route indécis mais curieux
Sûrement guidé par le pouvoir de ses aïeux.
Tout le monde au village se souvient de cet étranger
Qu'on n'aurait jamais dû laisser s'échapper.
Les jours, les mois, les années ont passé
Et toute la communauté se demande si elle n'a pas rêvé.
Car plus personne ne l'a jamais revu :
Qu'est-il donc devenu ?

# Posté le jeudi 07 juin 2007 01:18