Petit Jean s'apprête à démarrer sa nuit.
Tout juste âgé de six ans
Il voit encore le monde comme un enfant.
« Cela fait cent fois que je lui répète de ne pas s'éloigner !
J'en ai marre de ton petit effronté ! »
La sempiternelle querelle résonne inlassablement :
Sûrement le seul lien qui unit encore ses parents.
L'homme au casque d'acier ne supporte plus
Sa femme au bonnet rouge qu'il ne reconnaît plus.
Petit Jean, perturbé, voudrait ouvrir les yeux
Mais il sait qu'il doit rester avec Morphée dans le Royaume des Cieux.
De toute façon, papa et maman sont très heureux :
Le sommeil va venir : pas besoin d'être soucieux.
« Ce bébé n'aurait jamais du naître !
Tu sais très bien comment va devenir ce petit être !
Il faut faire disparaître au plus vite ce nourrisson
Il est temps que nous revenions à la Raison.
Organisons une milice pour l'enlever
Et franchir la porte en bas de l'escalier. »
Quelques vieux elfes capuchés semblent avoir perdu leur calme habituel
Et se destinent à commettre un acte criminel.
Petit Jean repousse les couvertures
Encore ces noires pensées qui le torturent.
Il sait qu'il doit trouver un sommeil apaisé
Sinon son maître va encore le gronder.
« Si tu connais la Réponse, dis-la moi !
Arrête d'être de mauvaise foi !
Tu ne sais rien, comme à l'accoutumée
Tes parents ont vraiment de quoi s'inquiéter ! »
Les petits yeux perfides du professeur ne le lâchaient pas.
L'élève agacé ne savait même plus ce qu'il faisait là.
Résigné, il allait subir l'inéluctable châtiment
Quand le son électrique du réveil le sauva violemment.
Sa maman lui caressait affectueusement la frimousse
Et déclara de sa petite voix si douce :
« Bonjour mon chéri,
As-tu bien dormi ? »

