Prêt à faire ronronner son cor si un visiteur approchait du bourg.
Le dos à peine courbé par un carquois de flèches en argent,
Le guetteur tenait son arc, prêt à dégainer à tout moment.
L'épaisse palissade entourant ce lieu mystérieux
Avait été subtilement construite par de lointains aïeuls.
Comme chaque soir, le coq poussa le cri annonçant le réveil,
Des dizaines d'elfes furent tirés de leur profond sommeil.
Petit à petit, tous sortaient courageusement de leur hutte en bois,
Prêt à accomplir le labeur que leur demandait quotidiennement leurs « rois ».
Les plus jeunes allaient s'instruire dans le grand bâtiment vert,
Une immense bibliothèque qui contenait la mémoire de ces terres.
Tous ces grimoires étaient écrits de la main des Anciens,
Seul un être sage pouvait déchiffrer ces parchemins.
Deux elfes sortirent d'un chapiteau noir et blanc,
Aussitôt remplacés par deux autres coiffés d'un turban.
A l'écart des habitations, un puits imposant semblait asséché ;
Malgré les apparences, il pouvait être d'une grande utilité.
La petite communauté vivait ainsi en autarcie,
Les fréquentes chutes de neige semblaient apaiser le moindre conflit.
Chacun acceptait de travailler selon son rôle,
La sérénité permettait aux habitants de toujours rester sous contrôle.
Parfois, on fêtait l'arrivée d'un nouvel arrivant,
Qui avait réussi à prouver qu'il était suffisamment méritant.
L'excellence ne pouvait être réservée qu'à une minorité infime,
Ici, il était hors de question de vulgariser le sublime.
L'erreur était autorisée mais limitée à une,
Sinon le couperet tombait dans une violence peu commune.
Pour vivre dans ce lieu il fallait accepter de mourir,
Pour profiter de cette vie, il fallait savoir subir.
Pour la deuxième fois de la journée, on entendit le son du cor :
L'intrépide voyageur allait bientôt connaître son sort.

